14 novembre 2014

Morts pour la France
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Commune de Paladru (38)
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Le tableau d'honneur

En ces temps de commémoration du centenaire de la Grande Guerre j'ai souhaité rendre hommage aux hommes qui ont combattus pour notre pays.

 
Dans le cadre d'une exposition sur la guerre de 1914-1918 qui se tenait à la mairie de Paladru, j'ai partagé mes recherches sur le parcours des hommes de la commune Morts pour la France. Je vous présente aujourd'hui le tableau d'honneur de ces 41 soldats qui figurent sur le monument aux morts.

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12 novembre 2014

Raymond Carrel, de Paladru à Verdun

Raymond François Carrel est né le 20 novembre 1879 à Paladru, du mariage de Flavien Carrel et Rosalie Pellin. Son père exerce les professions de veloutier-perruquier et sa mère Rosalie est modiste.
 
Raymond effectue son service militaire au bureau de recrutement de Bourgoin-Jallieu, sous le numéro matricule 1283. Il arrive au corps comme soldat de 2e classe, dans le 52e Régiment d'Infanterie, le 16 novembre 1900. Il évoluera vite dans la hiérarchie militaire: le 21 septembre 1901 il fut nommé caporal, puis sergent le 24 septembre 1902. La même année il sera nommé sergent fourrier, le 27 décembre.
 
Le jeune soldat fut finalement envoyé en congé en 1903, après avoir reçu un certificat de bonne conduite et avoir été nommé adjudant le 6 décembre. De retour sur sa terre natale, il épouse Pauline Henriette Pommier le 4 septembre 1907, à Paladru. Ils donnent naissance à une fille prénommée Marthe dès l'année suivante. Ce sera leur unique enfant. Le couple cultive alors la terre pendant plusieurs années, mais 1914 va tout changer.
 
Raymond fut rappelé à l’activité par ordre de mobilisation générale en août 1914. Il arrive au corps le 6 août. Il est affecté au 158e Régiment d'Infanterie le 30 septembre 1915.
 
 
Au mois de mars 1916, Raymond est avec son régiment près de Verdun, dans les combats engagés à Vaux et Damloup. A partir du 12 mars, des bombardement incessants ponctuent les journées des soldats.
 
Durant la journée du 16 mars, 10.000 obus de gros calibres tombent sur les lignes françaises. Les avions ennemis ne cessent de les survoler. La plus grande partie du village est en ruines, les maisons s'écroulent et les tranchées sont bouleversées.
 
 
Dans la nuit du 16 au 17 mars, deux attaques ennemies tentent d'encercler le village de Vaux et sont repoussées grâce aux mitrailleuses ou aux grenades. C'est cette même nuit que Raymond ce sera particulièrement distingué.
 
Dans le Journal des Marches et Opérations du 158e Régiment d'Infanterie, on trouve cette mention pour la nuit du 16 au 17 mars 1916:
 
"La section Carrel se maintenait au bois de Sapins pour empêcher toute avance. La liaison avec le 31e Bataillon de Chasseurs à Pieds était assurée par des grenadiers. L'attaque ennemie avait échoué grâce aux dispositions ordonnées par le capitaine Roux [...] ".
 
 
La fiche matricule de Raymond nous apprend qu'il fut cité a l’ordre du régiment sous le numéro 71:
"A fait preuve en maintes circonstances de très belles qualités de commandements et de sang-froid, notamment dans la nuit du 16 au 17 mars, pendant laquelle il parvint brillamment à briser une attaque ennemie. Très belle attitude au feu".
 
Il sera classé service auxiliaire du 158e Régiment d'Infanterie le 26 mai 1917, par la Commission de Réforme du Rhône-Central, pour avoir contracté une forme de tuberculose pulmonaire. Il sera maintenu service auxiliaire le 26 septembre de la même année 1917 pour dyspnée d’effort ou insuffisance respiratoire.
 
Il sera soigné à l'Hôtel-Dieu de Lyon, dans le 2e arrondissement et y décèdera dans la soirée du 22 mars 1918, à 22 heures, à l'âge de 38 ans. Le 25 mars, son corps sera transporté et inhumé à Saint-Pierre de Paladru. Son acte de décès sera retranscrit dans l'état-civil de Paladru le 21 janvier 1919.
 
Acte de décès, Lyon 1918
 
 
Raymond François Carrel était mon arrière-arrière-grand-oncle.
Il est Mort pour la France.
Il fut décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze.
 
 
 
Sources:
- Mairie de Paladru: archives communales et état-civil
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Archives départementales de l'Isère: registres matricules militaires
- Archives municipales de Lyon: état-civil de Lyon, registres des convois funéraires
- sur Gallica: photographies de la revue "L'image de la guerre" (1916, numéros 72 et 73) et Historique du 158e R.I
- Mémoire des Hommes: Journal des Marches et Opérations du 158e R.I et Base de données des Morts pour la France

20 octobre 2014

Jeanne, 100 mots pour une vie

 
 
 
Jeanne Carrus 1914-1993
 
 
Je suis née en 1914, mes parents étaient cultivateurs. Ma mère décède l'année de mes seize ans. Je n'oublierai jamais cette nuit là. J'ai épousé Adrien en 1936 et nous avons eu trois beaux enfants. Puis se fut la guerre, les déportations, les combats contre les maquis. Une famille juive vivait au village mais ne fut jamais inquiétée. Après la Libération, la vie redevint paisible jusqu'en 1962. Cette année là, Adrien est décédé dans un accident de la route. En 1963, je suis devenue grand-mère. 1993. Je suis désormais arrière-grand-mère. Chaque jour je prie pour que ma famille vive heureuse.

8 octobre 2014

Amanda, 100 mots pour une vie

 
 
Amanda Kündig 1902-1988
 
Née en Suisse près de Zurich, c'est dans cette ville qu'Amanda rencontre Luigi, un maçon italien en déplacement professionnel. Il est de dix ans son aîné, veuf et père d'une petite fille. Lorsqu'ils arrivent en France en 1931, Amanda est enceinte. Luigi l'épouse dès 1932, ils auront trois enfants. Elle leur donnera une éducation protestante, tout comme elle même l'avait reçue. Son intégration ne sera pas sans difficulté, Amanda étant régulièrement insultée de "boche", en ces temps de guerre contre les allemands. Mais ils seront naturalisés français en 1948. Amanda s'éteindra le 3 février 1988, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans.